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Chronique d'un jeune généalogiste

Category: Branche Briallart (page 2 of 2)

#ChallengeAZ : M comme Martel ou Dorchies, fille légitimée

Quand Juliette Louise MARTEL (sosa 61) se marie à Paul DELAMARE (sosa 60) le 15 avril 1873, en la mairie du 10ème à Paris, il est indiqué qu’elle était née le 12 aout 1851, à Lille (Nord) de César Adrien François MARTEL et Catherine Honorine DORCHIES. Cette information obligatoire sur les actes de mariage permet de remonter facilement la généalogie de nos ancêtres.

Acte de mariage de DELAMARRE Paul et MARTEL Juliette – AD75 V4E3655 70/138

En recherchant dans les archives de la ville de Lille, je trouve une naissance, le 13 aout 1851, d’une Juliette Louise DORCHIES, fille naturelle de Catherine Honorine DORCHIES. On a le même prénom, la même mère mais pas de père à la naissance. Si l’on reprend les définitions que nous avons vues dans l’article E, une fille naturelle est issue d’une relation non légitime (sans mariage). Elle a donc pris le nom de sa mère, DORCHIES. A noter une information importante, un dénommé Charles MARTEL, âgé de 29 ans est présent et témoin de la naissance.

Acte de naissance de Juliette MARTEL – AD59 5 Mi 044 R 16388/795

La prochaine étape a été de retrouver le mariage entre César et Catherine, parents officiels dans l’acte de mariage de leur fille. On le retrouve à Lille le 20 janvier 1853, 1 an et demi après la naissance de Juliette. C’est dans cet acte que l’on retrouve une information capitale, la reconnaissance et légitimation de la naissance de Juliette. En effet, après la déclaration par le maire de l’union de mes ancêtres, et seulement après cette déclaration, le couple avoue. César et Catherine reconnaissent et légitiment une fille née de leur œuvre avant ce mariage.

Acte de mariage de MARTEL César et DORCHIES Catherine – AD59 5Mi044R221 458/874

Acte de mariage de MARTEL César et DORCHIES Catherine – AD59 5Mi044R221 459/874

La boucle est bouclée, Juliette est reconnue…. Oui, mais sa mère, Catherine est dite fille naturelle… C’est donc reparti pour un tour de recherche!

#RDVAncestral: Quand Pierre Théodore Honoré Delamarre rencontre Louis Pasteur

Pour ma première participation à un RDVAncestral, partons revoir la rencontre entre Pierre Delamarre et Louis Pasteur.

Mai 1881, à Pouilly-le-Fort, hameau de Vert-Saint-Denis (Seine et Marne)

Les temps sont durs depuis quelques années… Une drôle de maladie ravage nos troupeaux de moutons. J’ai perdu des bêtes en quelques heures, prise de folie, elles se mettent à courir avant de tomber raide, la sang noir comme du charbon. Un scientifique au nom de Pasteur aurait trouvé un remède miracle. Je ne sais pas quoi penser car mon voisin vétérinaire, Hippolyte Rossignol, n’y croit guère. Comment en injectant un produit dans nos bêtes nous pourrions les sauver? Nous en avons discuté ensemble pendant des heures sans rien n’y comprendre. En février dernier, il lui a proposé de venir faire ses expériences en public, dans sa ferme, afin de mettre à jour la supercherie.

Le clos Pasteur à Pouilly le Fort .
Lieu de l’expérience sur la vaccination des moutons contre la maladie du charbon. © Institut Pasteur – Musée Pasteur

Alors ce matin, je vais aller faire un tour chez Hyppolyte Rossignol, qui m’a invité en tant qu’ancien maire de la commune et voisin. En me rendant à la ferme, j’ai croisé du beau monde! Mon successeur à la mairie Mr Breton Jean Baptiste, le préfet de Seine et Marne Mr Patinot, le sénateur et Président du Conseil Général Mr Foucher de Careil, le maire de Melun Mr Marc de Haut,  on parle même de la venue d’un journaliste anglais du Times! En arrivant devant la ferme de Mr Rossignol, je n’avais jamais vu autant de monde à Pouilly le Fort, nous sommes plusieurs centaines de personnes curieuses de voir cette expérience.

Le Baron de La Rochette, président de la Société d’Agriculture de Melun expose les conditions de l’expérience: « Mr Pasteur, nous mettons à votre disposition 60 moutons. Dix ne subiront aucun traitement, 25 seront vaccinés en deux fois à 12 jours d’intervalle. Après 12 nouveaux jours, nous inoculerons la souche virulente de la maladie aux 25 moutons et à 25 autres qui n’auront pas reçu de vaccin. Ensuite, nous observerons les résultats. »

La foule acclame, et se prépare à voir la première expérience de vaccination en grand public. Je me trouve à côté de Mr le maire, nous sommes dans les premiers rangs. S’avance alors un homme de 60 ans environ, portant un belle barbe blanche, lunette sur le nez, protégé d’un tablier en cuir, c’est Mr Pasteur. Avec lui, toute une équipe! Mr Chamberland, Mr Roux ses plus fidèles associés et tout un équipage portage des malles remplis de verreries. Pasteur installe une table pendant que Chamberland prépare les seringues de Pravaz. Les employés de Mr Rossignol attrapent les moutons. Les uns après les autres, on leur injecte un liquide soi-disant miracle. Beaucoup de monde rigole, comment sauver des bêtes en les empoissonnant? C’est absurde! A la fin de la journée, tout ce beau monde quitte Pouilly-le-Fort.

La vaccination des moutons, contre la maladie du charbon. © Institut Pasteur – Musée Pasteur

Vaccination anticharbonneuse. Expérience de Pouilly le Fort en 1881. © Institut Pasteur – Musée Pasteur

Durant les jours qui suivent, nous voyons régulièrement passer Mr Pasteur. Il vient vérifier l’état du troupeau. Le 17 mai, son équipe est revenu pour la seconde injection, et le 31 mai, il a été décidé d’injecter une souche très virulente à toutes les bêtes. Afin de rendre l’expérience plus comparative, ils ont injectés la souche en alternance entre les moutons non vaccinés et les moutons vaccinés. Mr Pasteur nous donne rendez vous le 2 juin pour les résultats.

Séance de vaccination anticharbonneuse dans un laboratoire. © Institut Pasteur – Musée Pasteur

2 Juin 1881, à Pouilly-le-Fort, hameau de Vert-Saint-Denis (Seine et Marne)

Ce 2 juin, tous les grands noms sont de retour. Mr Pasteur semble confiant, il va nous présenter les résultats: « Les 25 moutons vaccinés se portent à merveille. Sur les 25 moutons non vaccinés, nous avons 22 morts du charbon. » A ce moment là, on voit s’effondrer au fond de l’enclos 2 nouveaux moutons. Mr Chamberland s’exclame: « 24 à présent Mr Pasteur ». Il esquissa un léger sourire. « Tout à fait Charles et je pense que le dernier ne passera pas la journée. » Mr la Baron de La Rochette s’avance à la tribune: « Cher Pasteur, je pense que vous venez de trouver le remède à nos problèmes. Nous allons enfin pouvoir protéger nos troupeaux de la maladie noire! » C’est au tour de Mr Rossignol:  » Mr Pasteur, j’ai pu douter de vos expériences, mais les résultats sont bien là! Vous avez sauvé une partie de mon troupeau par la vaccination. » Une grande cérémonie s’en suivra, sans Mr Pasteur, reparti vers Paris pour rédiger son compte-rendu pour l’Académie des Sciences

Vaccination publique des moutons contre la maladie du charbon à Pouilly-le-Fort © Institut Pasteur – Musée Pasteur

En rentrant chez moi ce soir là, j’ai pu confier à ma femme Pauline que je venais de voir une des plus belles choses de vie. Un homme est capable de protéger nos moutons de la maladie du Charbon. Notre élevage pourra reprendre sans la peur de voir partir nos bêtes. Je ne connaissais pas ce Mr Pasteur, mais il me semble que c’est un génie.


D’après une histoire familiale validée par des sources généalogiques.

Sources: Compte-rendu de l’Académie des Sciences par Mr Pasteur sur son expérience à Pouilly-le-FortLouis Pasteur et Pouilly-le-Fort d’après l’Ecole de Pouilly,  La Vie de Louis Pasteur, Photos issus de la Photothèque Pasteur.

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