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Chronique d'un jeune généalogiste

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#ChallengeAZ : G comme Gentilhommes verriers de Gaja-La-Selve

Comme vu précédemment, une branche de ma famille est verrier de profession. Un métier noble et particulier que je vous invite à découvrir. Comme le souligne Édouard GARNIER, « pour faire un gentilhomme verrier, il fallait d’abord prendre un gentilhomme« . Un gentilhomme signifie être noble de sang, et vivre en gentilhomme, c‘est vivre sans exercer une profession, ce qui n’est pas le cas des verriers.

Alors qu’est ce qu’un gentilhomme verrier?

C’est une multitude de réglements qui régit la profession, avec pour point de départ les lettres patentes de Charles VII du 24 mars 1436 confirmées par différents rois successeurs.  Les verriers avaient donc un double privilège:

– Bien que noble, ils avaient le droit d’exercer  » l’art et la science de verrerie« , privilège rare, afin d‘éviter de tomber dans la roture.

– Durant l’Ancien Régime, ils étaient exonérés de tous impôts et taxes, même si sur ce point, les verriers du Languedoc n’ont jamais joui de ce privilège.

Par conséquent, la profession avait une situation bien particulière. Nobles, le peuple ne voyaient que les privilèges, mais artisans, ils avaient un travail manuel et salissant, ce qui provoquait moquerie des autres gentilhomme.

Vous l’avez compris, c’est un mélange de privilège et de labeur qui rend cette profession atypique. La vie était régie autour des fours et des souffleries, souvent proche d’un bois pour alimenter le feu. C’est le cas de la verrerie de Gaja-La-Selve dans l’Aude, ou plutôt les Verreries. En effet, on en dénombre deux. Une au nord, situé dans la forêt royale de La Selve (Verrerie de La Selve) et au sud, celle dite de Pech Carla, plus proche de Gaja. C’est cette seconde verrerie qui nous intéresse.

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Carte de Cassini n°19 – BNF

L’emplacement, selon le compoix de 1672, en est le lieu de Balmier. Je retrouve ce nom dans mon ascendance avec un enfant du mariage de Jean François de RIOLS et Marie de BALMIER (date inconnue): Alexandre de RIOLS (né vers 1728-1793) qui est le dernier verrier de la famille avant la révolution et la perte des privilèges.

L’endogamie de la profession rend complexe l’étude des familles. Il semblerait que les Verreries de Gaja soient la propriété de la famille de ROBERT de Peyretraoucade jusqu’au mariage de Gabrielle de ROBERT et un gentilhomme verrier originaire de la Borie Crémade, proche des Verreries de Moussan (34), Jean de RIOLS, Sieur de Montramier. C’est par le contrat de mariage passé devant Maitre François VALLES, le 26 avril 1682, à Gaja La Selve que nous apprenons ses origines. L’absence de registre paroissiaux empêche de trouver la célébration du mariage qui a avoir lieu à Gaja-La-Selve.

famille de riols

Famille de RIOLS de Gaja-La-Selve

Et comme si la situation n’était pas assez difficile, beaucoup de familles verrières ont rejoint le culte protestant et avec les différents événements religieux de l’époque, les archives ne sont pas parvenues jusqu’à nous (ou n’ont pas été retrouvées). Ce que l’on sait, c’est que la famille de RIOLS de Moussan s’est en partie convertie comme on le retrouve dans les prénoms des enfants souvent d’origine biblique et sur quelques actes notariés. Par conséquent, il est très compliqué de remonter et de retracer l’arbre généalogique de ces familles.

Remercions tout de même le travail de plusieurs historiens de famille: Élysée de GARNIER (Famille de GARNIER), Francis de RIOLS de FONCLARE (Famille de RIOLS), Robert DUPUY (Verrerie de l’Aude) qui ont pu élaborer un arbre aux multiples branches.

#ChallengeAZ : F comme domaine Familial

La généalogie ne s’arrête pas qu’à la famille. L’histoire d’un lieu m’intéresse tout autant. En 1954, mon arrière-grand-père a fait l’acquisition d’un domaine viticole afin de diversifier son offre de négoce de vin.Au milieu des vignes et des pommiers de la plaine languedocienne, on retrouve une bâtisse typique du XIXème siècle, un château pinardier.

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Gravure du château – Collec privée

Le Domaine de la Provenquière tient son nom d’un des premiers propriétaires de la métairie du XVe siècle, Jean. PROVENQUIER originaire d’Albi. Féminisé comme le veut la coutume locale, le domaine passera entre les mains de plusieurs familles dont les marquis de Puisserguier de la maison Caylar.

Racheté vers 1860 par un conseiller de Napoléon III, Paul TEISSONIERE, le domaine prendra une tournure plus majestueuse avec la construction du fameux château. Crise du phylloxéra, crise viticole de 1907, incendies, héritages, le château ne sera pas épargné et déclinera jusqu’à sa reprise par ma famille. Aujourd’hui, on retrouve la troisième et quatrième générations de la famille , travaillant la vigne afin de régaler les amateurs de vins. (un peu de chauvinisme ne nuit pas à la santé)

L’histoire de ce lieu est très intéressante sur plusieurs points: historique, économique, scientifique, généalogique et surtout personnel. J’ai plein de projets en tête afin de vous faire partager son histoire et vous faire découvrir le lieu.

#ChallengeAZ : E comme Endogamie

En commençant mes recherches sur ma famille de verriers, j’ai souvent rencontré sur plusieurs ouvrages comme les Verreries Forestières de Moussans (1450-1890) et les principales familles de gentilhommes verriers de Francis de RIOLS ou dans la Monographie d’une famille et d’un village: La famille de Robert et les gentilhommes verriers de Gabre de Elisée de Robert-Garils le terme d’endogamie.

Alors qu’est ce que l’endogamie?

D’après le site de Jean-Louis Beaucarnot « L’endogamie est la tendance, fréquente dans l’ancienne société, à se marier, à la fois dans son milieu géographique, social, professionnel, et souvent aussi familial, c’est à dire entre parents, certaines familles, la pratiquant et la recherchant parfois systématiquement. »

Dans le cadre des verriers, il faut dire que que cela rend la pratique plus facile. En effet, le droit pour être verrier dépend souvent d’un four et de la forêt capable de l’alimenter et ils ont en parallèle de nombreux avantages. En se mariant entre familles, on resserre les liens et on évite de disperser les zones de travail, tout en gardant les privilèges.

C’est pour cela que l’on retrouve les mêmes familles dans les Verreries du Sud de la France, à savoir les familles de ROBERT, de RIOLS, de GRENIER. Mais les verriers sont vraiment une profession particulière, nous verrons cela bientôt.

#ChallengeAZ : D comme Documentation

Quand on débute, il est parfois utile d’avoir un peu de documentation. On peut trouver plusieurs types d’ouvrages, et Internet permet d’avoir une masse d’informations énormes. Voici quelques conseils que je donnerai à des débutants comme moi:

  • Les ouvrages papiers:

Je regroupe dans les ouvrages papiers, aussi bien les revues, les guides ou encore les études spécifiques.

En terme de revue, La Revue Française de Généalogie reste une grand classique. Pleins d’articles pour tous les niveaux et tous types de recherches. C’est un plaisir à lire.

Les guides sont en revanche très nombreux, et peuvent permettre de découvrir de nouvelles sources de recherches (spécifiques à des professions ou régions) ou alors d’améliorer ses compétences (conseils de paléographie…).

Les ouvrages spécifiques sont des monographies d’un village, d’une région, d’un ancêtre ou même d’archive. Ces ouvrages sont souvent des références et de véritables nids d’informations. Par exemple, l’ouvrage sur mon ancêtre Isidore CLICHE, réalisé par l’Association Généalogique de Flandre-Hainaut m’a permis de compléter une grande partie de cette branche.

  • Les blogs et sites de généalogie

Les blogs et sites de généalogie sont des lieux d’échanges et de partages entre amateurs et professionnels. Au début, c’est en fouillant dans les archives de ces blogs que j’ai pu me « former » à la généalogie. Logiciels de généalogie, conseils d’utilisation, méthode et organisation de recherche, partage de découvertes et de sources, on trouve sur ces sites de quoi apprendre mais aussi se perfectionner. J’en profite pour vous remercier.

Quand on recherche un livre introuvable, une carte haute définition, un compte rendu scientifique ou des articles de journaux, il n’existe qu’un site de référence: Gallica, la bibliothèque numérique de la BNF. C’est sur ce site que j’ai pu retrouver une version numérisée de l’étude de Francis de RIOLS sur une branche de gentilhommes verriers, sachant que la version papier est impossible à trouver.

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Première page de l’étude de Francis de RIOLS – Gallica

Mais aussi des comptes rendus scientifiques de l’Académie des Sciences sur le travail mené dans le domaine familial. Bref, véritable bibliothèque en ligne, ce site permet aux généalogistes de (re)découvrir ses ancêtres.

 

#ChallengeAZ : C comme Cousins Canadiens

J’ai des cousins au Canada. Bon le lien généalogie n’est pas réalisé, mais on peut y croire.

blason - copie

Blason de la Famille Cliche – Association des Familles Cliche

Vous connaissez ce blason? C’est celui de la famille CLICHE. Les cousins canadiens descendent de Nicolas CLICHE, né en 1645 à Saint-Quentin en Picardie. Les CLICHE (entre 1620-1670) semblent être bien présent dans la région puisqu’on en retrouve sur les communes de Marly-Gommont, Autreppes, Saint-Algis, Haution et Bernot.

Pour ma part, voici la lignée CLICHE :


Ma mère

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Mon grand-père

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Maurice Arthur Charles CLICHE (1887-1969) comptable de la sucrerie de Cambrai

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Georges Théophile Isidore Marie CLICHE (1857-1943) comptable puis employé des Ponts et Chaussées, résidant à Valenciennes

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Isidore Antoine CLICHE (1833-1918), représentant de commerce, comptable, fondeur, mais surtout passionné par l’écriture, c’est mon fameux ancêtre « journaliste » de Valenciennes.

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Pauline CLICHE (an XIII-1888) couturière à Valenciennes, elle aura un enfant naturel (Isidore) dont le père serait d’après la tradition familiale et locale le Baron de Maingoval

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Auguste CLICHE (1764-1823), négociant et marchand mercier de Valenciennes

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Thibaut Constant CLICHE (1738-1793) tonnelier à Valenciennes

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Claude CLICHE (vers 1695-1778) mulquinier originaire de Bernot dans l’Aisne.


 

Si on compare, on peut se rendre compte que Claude et Nicolas pourraient être des cousins ou parents car résident à environ 10km l’un de l’autre. Mais pour cela, il faudrait s’intéresser aux actes notariés et donc se déplacer dans le Nord, ce qui n’est pas prévu d’ici peu. Mais je continue à y croire, tout comme les cousins canadiens qui ont accueilli une partie de ma famille dans les années 80 et que j’espère rencontrer si je voyage au Québec un de ces jours.

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