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Chronique d'un jeune généalogiste

Filae, est-ce le début de l’ubérisation de la généalogie?

L’uberisation est un mot à mode, que l’on peut définir comme un service de mise en relation quasi directe du client avec l’offre grâce aux nouvelles technologies. Peut-on appliquer cette définition à la nouvelle plate-forme de généalogie: Filae?

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Si vous ne connaissez pas cette plateforme, je vous invite à lire l’article de Brigitte (@chronique92) sur son blog. Pour résumé, l’une des nouvelles offres de Filae est l’indexation quasi complète des archives du 19ème siècle déjà en ligne sur les Archives Départementales. En plus de la simple indexation que l’on peut connaitre par certaines associations, Filae nous renvoie directement vers une page et l’acte concerné. C’est LA valeur ajoutée dans le service. C’est donc un énorme gain de temps pour vérifier une filiation ou retrouver un ancêtre « baladeur ».

Certaines généalogistes trouvent que c’est une perte d’intérêt dans la recherche, d’autres (dont moi) trouvent que c’est une véritable révolution. Mais des questions me restent sans réponse. D’après la RFG, Filae s’est engouffré dans une brèche en copiant (aspirant) les numérisations des archives pour les indexer et revendre son service, alors que de nombreuses archives ne souhaitent pas voir leurs images commercialisées. A noter que les archives ont été informées par courrier, mais vont elles répondre et accepter?

Quand on connait le cout de la numérisation des registres, je ne vois pas comment ces dernières vont laisser l’exploitation gratuite de leurs images.

Cette ubérisation va engendrer de nombreux changements pour différents acteurs:

  • Les archives et leurs images numérisées qui peuvent considérer cet acte comme un vol. A eux de réagir, en proposant l’indexation collective par exemple?
  • Les généalogistes. Plus besoin de chercher? On va trouver plus facilement? Certes, mais il restera des exceptions, et surtout, ne nous arrêtons pas à ces 3 actes de vie! Nos ancêtres ont eu une vie plus riche que ça.
  • Les généalogistes professionnels, qui vont devoir améliorer leur offre, surtout si les registres paroissiaux seront indexés prochainement. Filae risque de leur prendre le marché de la recherche d’ancêtres disparus. Pour contrer Filae, il faudra aller plus loin que le BMS (NMD) et élargir l’offre, comme le font déjà certains professionnels!

Maintenant reste à voir le futur, la réaction des généalogistes et des archives. Vont elles continuer à numériser (et donc à payer) pour se faire copier les images? Filae est il au début de son indexation de masse? Est-ce viable à long terme?

En tout cas, jusqu’au 8 décembre, je vais essayer ce nouveau service et voir l’évolution de Filae! Mais je pense que nous allons assister à de nombreux débats, Filae révolutionne la généalogie!

2 Comments

  1. J’ai dépouillé gratuitement plusieurs villages, ceci dans un esprit de solidarité envers d’autres amateurs de généalogie.Je ne veux pas que des marchands en quête de faire fortune s’approprient notre travail.

  2. Ce n’est pas vraiment comparable puisqu’ils n’ont dépouillés « que » le 19ème mais pour la France entière. Du coup l’ancien régime (plus complexe par l’écriture) reste pour le moment le « monopole » des associations et des généalogistes. Mais on peut comprendre que la 3ème passion des Français intéresse des sociétés commerciales, chacun doit trouver sa place.
    De plus, il s’agit de leur propre indexation (par leur personnel) et non la mise en ligne de relevé d’association ou généalogistes (sauf rare exception et avec l’accord des personnes)

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